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J'avais cru en la démocratie et la liberté en Tunisie au moment de la révolution il y a un peu plus d'un an. C'était la chute de la dictature mafieuse d'une famille de voleurs de poules les Trabelsi/Ben Ali.

C'était sans compter sur les sentiments anti occidentaux qui sont très présents dans les esprits de cette partie du monde, ce qui d'ailleurs se comprend très bien, les Palestiniens ne vivent ils pas sous le joug des américano sionistes depuis plus de soixante ans maintenant.

Donc ces sentiments ont amené le peuple Tunisien à voter pour le parti islamiste à la première occasion se présentant. L'apprentissage de la démocratie...

Depuis le temps que je vis ici, j'ai appris à connaitre les Tunisiens, et surtout les Sfaxiens, qui sont comparables à nos Bretons ou aux Corses, par leur fierté, n'ont ils pas résisté à tous les envahisseurs se présentant devant la ville, des Romains jusqu'aux Nazis en passant par Les colonialistes Français et Turcs. Ils sont attachants, fidèles et bienveillants envers vous dés qu'ils vous connaissent bien. C'est donc avec enthousiasme que j'avais commencé à leur parler de politique, histoire de leur donner des idées pour les élections à venir.

Deux choses étaient très importantes pour moi, au lendemain du 14 janvier 2011, il fallait se méfier des islamistes et aller voter, car dans les deux cas, les islamistes, eux seraient prêts et ne rateraient pas l’occasion. On n’a pas trop prêté attention à mes propos à ce moment là. Et le jour fatidique du 23 octobre, dimanche noir, les islamistes ont remporté les élections, les premières vraiment libres du pays.

Ce jour là, j’ai vraiment compris que notre démocratie à l’occidentale n’avait pas sa place dans un monde arabo musulman dominé par la relmigion. Je me suis même dit que le monde Arabe n’était pas prêt pour la liberté et que la religion empêchait tout simplement d’accéder à ce que, pour nous occidentaux, nous pensons être le premier des droits fondamentaux de l’être humain. C’est la vie, tout le monde peut se tromper et la démocratie ne s’apprend pas en une seule journée.

Mais, à partir de ce moment là, tout a commencé à changer. Les acteurs de la révolution, ne se sont pas trouvés au pouvoir de ce qui ne devait être qu’une institution visant à réformer la constitution Tunisienne et effacer tous les restes de l’ancien régime. Ce gouvernement est seulement provisoire.

Les islamistes ont gagné les premières élections de la Tunisie post Ben Ali. 38%, un seul tour !!! Inconcevable chez nous.

Du jour au lendemain, des femmes totalement voilées, des barbus du moyen âge, des étudiants insultants leurs professeurs qui n’étaient vêtues convenablement à leurs yeux, des brimades aux femmes courtement vêtues ou non voilées, bref tout ce qui était enfoui depuis longtemps par les deux anciens régimes précédents.

Des prédicateurs étrangers, venus d’Égypte, pas celle des pharaons, qui venaient pour vendre la haine et forcer les hommes à exciser leurs filles, d’anciens terroristes d’al qaïda ou des GIA Algériens sont revenus en Tunisie où ils bénéficient d’un silence complice du gouvernement. Les salafistes manifestaient dans les rues en empêchant les démocrates de vivre selon leur désir (alcool ou jupe courte). Les affrontements ont commencé à apparaître un peu partout dans le pays, la faculté de la Médouna par exemple, où une jeune fille a bravé l’interdiction des barbus pour décrocher leur drapeau et remettre le drapeau Tunisien en place, elle a été frappée par ces mêmes extrémistes. Les choses n’ont fait que se répéter tous les jours. Les Tunisiens ont pris conscience que le gouvernement ne faisait rien pour le peuple et s’arrangeait pour se légitimer jusqu’à demander à ce qu’on retire le titre de « provisoire » en parlant de lui.

Familialisme, corruption, mensonge, paranoïa (on crie tous les jours au complot chez les islamistes) sont revenus et personne ne pouvait y changer grand chose.

Les déclarations absurdes et sans fondements, mis à part la fierté nationale, sont apparues, comme le fait que le Français est devenu une pollution linguistique ou encore que l’ambassade de France devrait être détruite et remplacée par une mosquée. Pendant que le président « provisoire » faisait ces déclarations, qui ont du générer des « érections formidables chez les nationalistes Tunisiens », le gouvernement vendait outrageusement sont pays aux Qatari et aux Saoudiens, en rappelant à ces derniers que l’extradition de Zaba, l’ancien président, n’était pas une priorité.

Tout ceci n’est qu’un fétu de paille si on observe tout ce qui a été fait par la suite : càd rien, nada, zéro, nothing, ou presque. Les villes sont de plus en plus sales et malodorantes, les martyrs de la révolution ont été mal indemnisés, sans parler des martyres qui n’ont reçu que la moitié de la somme perçue par les hommes, et d’autres encore. Mais le pire est le silence complice du gouvernement à l’égard des salafistes, tout leur est permis, insultes, matraquages, excisions de petites filles, attaques au drapeau et aux symboles de la nation, dégradation des biens publics et appels au meurtre (des juifs bien sur) certains haut fonctionnaires faisant même partie des groupes les plus durs. Pendant ce temps, le parti au pouvoir installe bien tranquillement ses sbires aux postes clefs de l’état et des sociétés industrielles majeures, càd partout.

Je ne vais pas passer en revue toutes les choses faites dernièrement par le parti au pouvoir, mais ma mémoire d’Européen me permet de me souvenir de ce qui s’est passé chez nous dans les années 30/40. Hitler n’avait' il pas fait la même chose en faisant charger ses milices sauvages, n’avait’ il pas placé ses sbires aux postes clefs lui aussi, n’appelait il pas au meurtre de ses opposant tout en démentant l'ensemble? L’histoire ne fait malheureusement que se répéter et après les hordes barbares nazies, sont apparues l’apartheid et l’état fasciste sioniste, en avons réellement besoin ?

Mais depuis ce week end, la Tunisie se réveille, les gens se sont encore fais matraquer par la police, et le gouvernement dément en accusant la population de comploter et de se montrer agressive envers les forces de l’ordre, ce qui est en fait une action des milices du parti au pouvoir mêlées aux manifestants pacifiques.

Hier à la suite de ces exactions, tout le pays a manifesté son mécontentement et les médias ont relayé (ce qui m’inquiète c’est le silence des médias occidentaux sur ces événements, j’ai essayé plusieurs chaines d’info, alors qu’une journaliste Française a été tabassée).

Ce que j’ai trouvé formidable a été la dénonciation par les journalistes Tunisiens en direct et devant les membres du gouvernement concernés, une ministre portant le voile a été violemment prise à partie et aujourd’hui sur le net par tous les jeunes Tunisiens qui ne se sont gênés pour lui envoyer quelques noms d’oiseaux que la couleur rose bonbon de son voile n’a pas atténué.

Le ministre de l’intérieur qui était présent en direct, ne trouvait plus ces mots et ne savait pas comment mentir sans que çà ne se voit trop.

La révolution Tunisienne n’est pas terminée et repart de plus belle, le fascisme religieux ne va pas, je le pense, prendre racine dans ce pays. Ou je devrais plutôt dire que la pieuvre abominable ne va pas réussir a étendre se tentacules et à s’agripper au pouvoir comme d’autres avaient réussi avant.

Les personnes qui ont voté pour nadha au début et qui n’étaient pas sûres de leur opinion et tous ceux qui n’étaient pas allé voter ou ne s’étaient pas incrits vont peser très lourd dans la balance le 20 mars 2013, véritable jour de l’indépendance Tunisienne.

Encore trois mots : DÉGAGE , DÉGAGE , DÉGAGE…..

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